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Comment éviter les ingrédients irritants / sensibilisants dans la prise en charge de vos patients

Horus Pharma
Horus Pharma

Professeur Philippe Piccerelle - Expert Physico-chimie de formulation - Marseille



Les formulations de produits cosmétiques ou thérapeutiques à action locale cutanée sont soumises à des tests de tolérance et à l’évaluation par un toxicologue qui permettent de garantir la sécurité du patient ou du consommateur. Toutefois, nul n’est à l’abri de phénomènes d’allergie ou de tolérance qui, en fonction du produit, peuvent être difficiles à maîtriser.

Le premier point concerne le nombre d’ingrédients qui composent une formule. Il est nécessaire selon moi, de le réduire dans un but de stabilité physico-chimique, de sécurité du patient et de lisibilité. Cette attente est rendue nécessaire par les problèmes de stabilité chimique inévitables (oxydation, hydrolyse, photo-réactivité) et la survenue d’interactions entre les molécules réactives, de réactions de convergence, à l’origine de l’apparition de composés chimiques inattendus, potentiellement délétères pour le patient. C’est le cas des nitrosamines qui se forment par réaction entre des nitrites et des amines secondaires, ces différents composés pouvant également provenir de composés inattendus. Il est à remarquer que la simplification des formules entraîne un challenge pour le formulateur, qui doit trouver des astuces pour stabiliser ces formes, trouver des textures attrayantes et confortables pour le consommateur avec un choix restreint d’ingrédients et travailler de façon différente.

 

Certaines classes d’ingrédients cosmétiques sont responsables de réactions d’intolérance ou de toxicité cutanée :

Les conservateurs

Les conservateurs sont souvent à l’origine de problèmes cutanés. Parmi les molécules fréquemment retrouvées, la méthylisothiazolinone et le phénoxyéthanol. La montée en puissance des produits « naturels » induit de par leur fréquence d’utilisation une augmentation des conservateurs utilisés dans ces formules, et notamment, l’acide sorbique, l’acide benzoïque ou l’alcool benzylique. Quelles sont les solutions proposées : prendre les précautions maximales lors de la production (GMP). En effet, l’optimisation des Pratiques de Bonne Fabrication permettra de limiter l’ajout de conservateurs, l’association avec des anti-oxydants et le fait de tenir compte de la forme galénique choisie, en adaptant le type de conservation. Une autre solution est la pratique de la « Hurdle Technology », destinée à mettre les micro-organismes dans un environnement défavorable à leur développement, ou des systèmes de packaging adaptés, permettant de réduire ou d’éliminer les conservateurs listés. On joue alors en réduisant l’activité en eau (émollients, gélifiants), en baissant le pH (acidifiants), en utilisant des chélatants naturels (acide phytique, dérivés calciques, acide citrique), en utilisant des agents antioxydants (acide lipoïque...), en ajoutant des acides gras agissant sur les membranes bactériennes (caprylyl glycol), en utilisant des dérivés végétaux anti-microbiens (huiles essentielles) et en adaptant la formule à un packaging élaboré : packaging sans air (airless), systèmes brevetés stérilisés ou traitement séquentiel de la température (systèmes DEFI et EPIFREE), packaging contenant des minéraux ayant une action sur les radicaux libres (PYOCLEAR).

Les filtres solaires

Autre classe d’ingrédients, les filtres solaires. Nécessaires à la protection vis-à-vis des UVB et UVA, ils peuvent être responsables d’intolérance ou de problèmes allergiques. Ainsi, c’est le cas du butyl methoxydibenzoylmethane (BMDM) responsable de photoallergie, non pas directement, mais par la présence d’arylglyoxals, un produit de dégradation. L’octocrylène peut causer des allergies photo-induites et des eczémas de contact (filtre UVB, UVA courts). Enfin la benzophénone-3 est responsable d’allergie de contact. Nous retrouvons dans certaines formules, l’association entre retinyl palmitate et filtres solaires pour stabiliser la formulation ou baisser les phénomènes d’irritation cutanée, nous éviterons ce système au vu de l’interaction vitamine A et soleil. Quelles solutions peut-on apporter ? Il faudra éviter l’octocrylène et le BMDM, la naturalité ne pourra pas régler le problème, même si certaines molécules naturelles permettent de booster le facteur de protection solaire, il sera nécessaire de conserver les filtres organiques (réglementation). Il est recommandé d’associer aux filtres des anti-oxydants permettant la protection du matériel génétique des cellules, de freiner la peroxydation lipidique et l’oxydation des protéines.

Les tensio-actifs

La famille des tensio-actifs est souvent à l’origine de problèmes cutanés. Le plus connu est le lauryl sulfate de sodium et ses dérivés posant des problèmes de tolérance cutanée. Le cocamidopropylbetaïne, tensio-actif doux retrouvé dans de nombreux gels douche et shampooings, n’est pas un allergène mais peut contenir une impureté, dérivé des diéthylamines, provenant de sa fabrication et responsable de problèmes d’allergie. La qualité de la matière première intervient donc dans les effets d’intolérance. Les tensio-actifs sont importants pour solubiliser des molécules très peu solubles, pour stabiliser les émulsions et participent à la conservation anti-microbienne des formules. Quelles solutions peut-on apporter ? Choisir les tensio-actifs les plus doux, faire de la veille pour trouver d’autres molécules mieux tolérées. Peut-on se passer de tensio-actifs ? De nouvelles formules à l’état de recherche avancée ou qui commencent à être envisagées participent à ce renouveau (bi-gels, émulsions de Pickering).

Enfin, il est nécessaire de prendre en compte la pratique des consommateurs. On peut mettre en évidence que parmi les produits qui sont appliqués en plus grande quantité sur la peau, nous retrouvons, les contours des yeux, les sticks à lèvres, les crèmes visages et les déodorants. Il existe également une différence d’utilisation en fonction du genre, du type de packaging et de la viscosité des produits. Il faut ainsi tenir compte de la notion d’exposition, d’utilisation de plusieurs couches de produits superposées et donc de l’additivité de certaines molécules, ceci changeant la marge de sécurité.

Pour finir, quelques éléments de recommandations pour des peaux sensibles, réactives ou à tendance atopique :

  • Liste INCI courte
  • Attention aux parfums
  • Conservation avec identification des molécules, conservateurs non listés
  • Type de packagings (airless, stérilisation, procédés brevetés…)
  • Attention si tensio-actifs ioniques, surfactant-free (difficile)
  • Solaires : éviter certaines molécules
  • Veille scientifique

Captation vidéo de la présentation du Professeur Philippe Piccerelle lors du symposium Horus Pharma aux JIRD 2018

Mots-clés: symposium, peau, irritation, JIRD, prise en charge patient

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